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MÉMOIRES D’OUTRE-TOMBE

sûr dans ce monde, et que je suis accoutumée aux contrariétés, si, contre ma volonté, mon arrivée à Prague était retardée, je compte bien sur vous à l’endroit où je serais obligée de m’arrêter, d’où je vous écrirai ; si, au contraire, j’arrive près de mon fils aussitôt que je le désire, vous savez mieux que moi si vous y devez venir. Je ne puis que vous assurer du plaisir que j’aurais à vous voir en tout temps et en tous lieux.

« Marie-Caroline. »
« Naples, 18 août 1833. »

« Notre ami n’ayant pu encore partir je reçois des rapports sur ce qui se passe à Prague qui ne sont pas de nature à diminuer mon désir de m’y rendre, mais aussi me rendent plus urgent le besoin de vos conseils. Si donc vous pouvez vous rendre à Venise sans tarder, vous m’y trouverez, ou des lettres poste restante, qui vous diront où vous pouvez me rejoindre. Je ferai encore une partie du voyage avec des personnes pour lesquelles j’ai bien de l’amitié et de la reconnaissance, M. et madame de Bauffremont. Nous parlons souvent de vous ; leur dévouement à moi et à notre Henri leur fait bien souhaiter de vous voir arriver. M. de Mesnard[1] partage bien ce désir. »

  1. Mesnard (Louis-Charles-Bonaventure-Pierre, comte de), né à Luçon (Vendée) le 18 septembre 1769. Élève de l’École de Brienne, il devint sous-lieutenant aux carabiniers en 1786, capitaine au régiment de Conti-Dragons en 1789, émigra en 1791 et fit, dans les gardes du corps du roi, la campagne de 1792, à l’armée des princes. Lorsqu’elle fut licenciée, il se retira en