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MÉMOIRES D’OUTRE-TOMBE

La nouvelle école a jeté ses pensées dans un autre moule : madame Tastu marche au milieu du chœur moderne des femmes poètes, en prose ou en vers, les Allart[1], les Waldor[2], les Valmore[3], les Séga-

    de, 1746-1802, mariée trois fois : la première fois, au marquis d’Antremont, puis au baron de Bourdic, et enfin à M. Viot, administrateur des domaines. Déjà connue par plusieurs pièces insérées dans l’Almanach des Muses, elle dut un moment une véritable célébrité à son ode sur le Silence, longtemps considérée, au xviiie siècle, comme un chef-d’œuvre, où les critiques du temps s’accordèrent à trouver « des pensées sublimes ».

  1. Madame Hortense Allart de Méritens, née à Milan en 1801, morte à Montlhéry le 28 février 1879, débuta à vingt ans par un roman remarqué, la Conjuration d’Amboise, auquel succédèrent Sextus ou le Romain des Maremmes, l’Indienne, Settimia, etc. En 1873 et 1874, sous le pseudonyme de « Madame Prudence de Saman » et sous le titre de « les Enchantements de Prudence » — les Nouveaux et les Derniers Enchantements de Prudence — elle a publié des confidences érotiques, une autobiographie romanesque, où elle mêle à ses aventures Chateaubriand, Lamennais, Béranger et vingt autres. Sainte-Beuve, qui avait eu communication du manuscrit, a longuement remué cette vase pour en faire rejaillir les éclaboussures sur le visage de Chateaubriand. Le célèbre critique s’est livré à cette besogne avec une telle ardeur, une telle joie, que Mme Hortense Allart n’eut été que juste en donnant pour titre à son livre les Enchantements de Sainte-Beuve.
  2. Waldor (Mélanie Villenave, dame), née à Nantes en 1796, morte le 11 octobre 1871. Elle a composé quelques volumes de vers, dont le principal, paru en 1835, a pour titre : Poésies du cœur. Comme romancière, elle a publié André le Vendéen (1843), le Moulin en deuil (1849), etc.
  3. Desbordes-Valmore (Marceline-Josèphe-Félicité Desbordes, dame), née à Douai le 20 juin 1786, morte à Paris le 23 juillet 1859. Elle avait débuté, non sans succès, à l’Opéra-Comique, qu’elle quitta au moment de son mariage avec l’acteur Valmore. Poète aimable, tendre et passionné, elle a réussi surtout dans l’idylle, la romance et l’élégie. La postérité recueillera peut-être quelques-unes des pièces de ses nombreux recueils : Élégies et romances (1818) ; Élégies et poésies nouvelles (1824) ; les Pleurs (1833) ; Pauvres fleurs (1839) ; Bouquets et prières (1843).