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MÉMOIRES D’OUTRE-TOMBE

sants regrets à des amies dignes de l’avoir connue pour l’apprécier et pour la bénir. Peu de mois avant de mourir, elle venait de contracter avec une jeune personne de son pays une liaison qui fut précieuse à l’une et bien douce à l’autre. C’est d’un petit manuscrit intitulé : Mes Souvenirs de madame de Farcy, et que nous avons entre les mains, que nous recueillons de nouveau la manière ingénieuse et triomphante dont celle de qui nous écrivons la vie faisait des conquêtes à la vertu. .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  

« L’amie dont je m’étais créé la chimère, je ne l’ai trouvée qu’une fois. Dieu me la fît rencontrer au moment où j’en avais le plus besoin sans doute ; mais il ne me la donna que pour ce moment : c’était une sœur de l’auteur du Génie du christianisme. À cette époque son frère ne s’était pas encore fait un nom dans la littérature. Cette femme au-dessus de tout ce que j’ai connu, de la plus agréable mondaine, était devenue la plus austère pénitente ; plus aimable que jamais, elle faisait à Dieu autant de conquêtes que de jeunes personnes avaient le bonheur de l’approcher. Je ne l’ai connue que six mois : l’ardeur de sa pénitence avait déjà consumé ses forces ; elle finit de la mort des saints, me laissant d’éternels regrets. .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .   Elle m’eût fait aller au bout du monde ; avec elle il était impossible de tomber ni de rester dans la tiédeur. » .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  .  

La nouvelle amie de Julie la met en scène avec elle, et retrace fidèlement leur conversation : « Il