Page:Chaupy - Découverte de la maison de campagne d’Horace, Tome 2.djvu/175

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qu’à cauſe de leur ſingularité. Lorſque cette Nation eut une fois déclaré la Guerre aux Romains & à leurs Alliés elle ne ceſſa de la leur faire que lorſqu’elle ceſſa d’être. Tant qu’il lui reſta une goute de Sang, elle la verſa pour la cauſe qui l’avoit armée. Brûlée & exterminée avec ſes Villes on vit juſqu’à ſes cendres frémir encore & obliger à triompher d’elles. La Guerre de la part des Èques, dit Tite-Live, étoit devenue régulièrement anniversaire ; elle ne manquoit pas plus que la ſaiſon propre pour la faire [1] une Guerre aſſidue même heureuſe, mine une Nation parceque le marteau s’uſe à force de frapper, à plus forte raiſon une Guerre faite avec divers ſuccès comme celle des Èques ; mais la diminution dans les forces n'en apporta jamais dans le courage [2]. Rome qui ne cherchoit qu’à gagner les Peuples crut qu’il n’y avoit pas d’autre reſſource contre celui-ci que de l’exterminer. Elle detruiſit quarante de ſes Villes pour enſevelir sous leurs rui-

  1. Æquorum jam velut anniverſariis armis aſſueverat Civitas. Tit. Liv. lib. IV. n. 45.
  2. Bellum contra Æquos cum præter animos feroces nihil ex antiqua fortuna haberent. Ibid. lib. X. c. 9.