Page:Chaupy - Découverte de la maison de campagne d’Horace, Tome 2.djvu/477

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de la Vie, mais au fonds ils n’en ſont pas moins ſuſceptibles. Cette Vie que Muret crut tirer de la pouſſière des Bibliotéques, mais qui faiſoit déja partie des mélanges d’un autre Savant, s’annonce comme ancienne par pluſieurs traits. Mais ce seroit bien manquer d’intelligence, que de croire ce récit froid & décharné, ou du chaud Historien des 12. premiers Céſars, ou de quelque auteur aprochant. On ne peut l’attribuer qu’à un de ces écrivains dépourvus de ce coup d’œil qui ſaiſit le vrai des objets, & uniquement bons à les recueillir de la manière dont le Vulgaire les traveſtit. J’ai dit dés la Préface comme il traduit mauſſadement la Galanterie dont Horace ne ſe piqua qu’un tems [1], comme une groſſièreté non moins démentie par ſes maximes profeſſées des meilleure heure, que par ſon caractère décent & délicat. Il prend encore plus le change ſur Auguſte.

  1. Vixi puellis nuper idoneus. Hor. lib. III. od. 26. Horace parle là ainſi que l’on voit des mœurs qu’il n’avoit plus. Ma conjecture ſeroit outre cela qu’il n’y exprime que cette galanterie qui croit ne pas faire politeſſe aux Sexe, ſi elle ne lui témoigne des ſentimens. Ma raiſon c’eſt que la belle nature telle qu’on la reconnoit en Horace n’aime véritablement qu’un objèt, qu’elle cherche à s’attacher ſans retour, ce qui fait le mariage avec toute la pureté de ſon inſtitution & de ſes loix.