Page:Chaupy - Découverte de la maison de campagne d’Horace, Tome 2.djvu/69

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nême faute de s’en être formé une idée.


XXIII. Vraie idée de ces Fêtes.

Les Féries dans leur plan & dans leur exécution furent ce que j’ai déjà inſinué, une aſſemblée religieuſe imaginée & propoſée par les Romains, en apparence comme un monument & comme un moïen d’union avec les Latins, mais en effet afin d’unir en un ſeul corps tous ces peuples épars, & s’en fortifier.

Rome ne devint ſi puiſſante que par l’art qu’elle poſſéda dés le commencement de s’incorporer les peuples qu’elle ſoumettoit, en métamorphoſant ſes ennemis en ſes Citoïens. Dabord ce ne furent que de petits peuples, qu’elle tranſforma ainſi : mais bien-tot elle projetta d’en faire autant de tous les Latins enſemble. La difficulté de la choſe n’en étoit pas moindre que l’importance. Le courage des Latins & la fiere liberté qui en étoit l’effet, les empechoit de s’unir bien entre eux ; nous avons vu qu’ils formoient un grand nombre de peuples diſtincts ; quelle apparence qu’ils conſentiſſent à ne devenir que des membres de Rome ? Il y avoit deux moïens de les y reduire, la Force & la Politique, il n’étoit pas encore tems