Page:Chouinard - Histoire de la paroisse de Saint-Joseph de Carleton (1755-1906), 1906.djvu/89

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M. John Meagher, lui ouvre sa bourse, et les paroissiens lui apportent les matériaux nécessaires à la construction de l’édifice. Grâce à ces secours, l’œuvre est désormais assurée.

M. John Meagher, qui a le plus contribué à l’établissement du couvent de Carleton, était un Irlandais catholique, originaire d’Halifax et marié à Dame Anne Drake. Il avait émigré à Carleton en 1834. Après avoir exercé pendant plusieurs années le trafic du poisson sur les côtes du Labrador, il se fixa sur le banc de Carleton où son commerce ne fit que prospérer. Puis il ouvrit un magasin général de marchandises sèches, et épicerie. Il eut pendant plusieurs années, dans une grande partie de la Baie des Chaleurs, le monopole du commerce, et y réalisa une jolie fortune, dont il disposa généreusement, soit pour l’église, soit pour aider M. Audet dans la construction de son couvent.

C’est une élégante construction de 60 pieds sur 45, avec une annexe de 50 pieds récemment ajoutée au corps principal, à trois étages. Cette maison d’éducation fut confiée aux Révérendes Sœurs de la Charité de Québec. L’ouverture des classes se fit au mois de septembre 1867.

Les résultats produits sous le rapport religieux et intellectuel par la fondation du couvent de Carleton sont évidents. On ne peut nier, en effet, que cette fondation a eu pour effet de moraliser la population, d’adoucir la rudesse des manières, de former le goût des arts utiles, d’éveiller, au moins jusqu’à un certain degré, l’amour de l’instruction et surtout d’éclairer la piété des gens.

Depuis la fondation, au-delà de 40 jeunes filles de Carleton se sont consacrées au service du Seigneur dans les différentes communautés du pays. Un très grand nombre d’institutrices lui doivent leur éducation. Sous l’habile direction des bonnes Sœurs de la Charité, cette institution