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ÉTIENNE DOLET

En cest endroict il ne fault avoir foy
A ceulx disants (et ne scavent pourquoy)
L’Ame et le Corps tous deux mourir ensemble.
L’Ame est du ciel, a son père resemble
(C’est Dieu) qui n’ha, et ne peult avoir fin :
Aussi n’ha il l’Ame au Corps mise, affin
Qu’avec le Corps par la mort soit mortelle.
Croy (et est vray) que l’Ame est immortelle,
Et que de Dieu a prins son origine,
Qui ne meurt poinct, et que mort n’extermine
De l’héritage ou nous serons tous myz
Par le mérite (o divine clémence)
De Jesu Christ : et en telle fiance
Meurs, quand plaira a Dieu d’icy t’ouster
Ou aultresfois luy a pleu te bouter[1].

  1. Si quelque lecteur s’intéresse assez à ces deux poèmes pour les comparer dans la réimpression qu’en a donnée Techener en 1830, il verra que non seulement l’Avant-Naissance est une paraphrase plutôt qu’une traduction , mais encore qu’il s’y trouve trois passages — desquels deux sont très longs — qui ne se rapportent à aucun passage du poème original latin. J’ai eu la bonne fortune de découvrir à la Bibliothèque Nationale un exemplaire interfolié du Genethliacum, avec plusieurs accessiones auctoris manuscrites. Ces accessiones, dont le papier, l’encre et l’écriture sont du seizième siècle, me semblent être de la main de Dolet et le volume paraît, d’après son aspect intérieur, avoir été préparé par lui pour une nouvelle édition. (Je dis : aspect intérieur, car la reliure est relativement moderne, et a été faite après les additions. Ces notes ont été entamées par la reliure. Les dernières lettres et, à un ou deux endroits, le dernier mot de ces additions ont disparu dans quelques pages. Il y a trois accessiones, ce sont des traductions ou plutôt des paraphrases des trois passages de l’Avant-Naissance dont on ne trouve pas trace dans le Genethliacum.

    La première addition se trouve après le vers
    « Re sine nullus eris : nostro sicvivitur ævo...»

    la voici :

    « Præterea, quem urget vitio proclivis egestas
    In scelus omne ruit, casus projectus in omneis
    Non tardante metu, non spe meliore vetante
    Tam deforme malum ne te vehementius angat
    Et vel nolentem ad crudelia crimina raptet
    Frugi esto et moderate partis utere rebus. »

    Cette addition, qui est la moins importante et, à mon sens, la moins heu-