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MADAME ROLAND

À ce moment la situation des Roland reçoit un coup sensible : l’inspection des Manufactures est supprimée et le ménage, privé d’un traitement de 5 000 livres, éprouve de sérieuses préoccupations. Il faut vivre.

S’ensevelir au Clos est pour Mme Roland une idée intolérable. Elle a sur son mari une influence déterminante. À Paris, par leurs nouvelles relations, certainement il trouvera des travaux à sa mesure et elle le pousse au départ.

M. et Mme Roland quittent le Beaujolais en décembre 91 et se réinstallent à l’Hôtel Britannique en se contentant, cette fois, d’un petit appartement au troisième étage.

Roland, plein d’activité, multiplie les démarches, mais sans grand résultat. Il s’occupe de faire liquider sa pension de retraite et reprend son Mémoire sur les Arts industriels. Pendant les huit mois écoulés, les choses ont changé de face. La société de l’an dernier s’est dispersée. Les Constituants sont retournés chez eux. Pétion a été nommé maire de Paris et semble, ainsi que sa femme, assez vain d’une popularité qui grandit de jour en jour. Les réunions si animées qui se tenaient dans le salon de la rue Guénégaud sont sans aliment et les Roland presque isolés. Ils sont astreints à beaucoup d’économie et l’hôtel est cher. Afin de diminuer la dépense, ils louent moyennant le prix annuel de 450 livres, rue de la Harpe, au numéro 51, un petit appartement sur la cour, qui sera libre après Pâques.

Cependant la politique reste leur objectif. Bosc, qui est membre du comité des Jacobins, fait recevoir Roland au Club dont Lanthenas est vice-président et Bancal secrétaire. Roland aussi devient bientôt secrétaire et sa femme travaille avec lui à la correspondance.


Trois mois avaient passé et les choses en étaient là, quand une crise ministérielle se produisit.

Le roi, faisant un pas vers l’Assemblée, avait appelé Dumouriez aux Affaires étrangères et l’avait, en outre, à peu près chargé de la constitution du nouveau Conseil.

Dumouriez, ancien agent de Louis XV, était un homme de