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Page:Claretie - Édouard Pailleron, 1883.pdf/18

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et tint, pendant deux ans, garnison à Beauvais. Il était fort aimé de son colonel, et lorsqu’au bout de deux années Pailleron, las de l’existence de la caserne, amena au chef de son régiment un remplaçant, un Alsacien de sept pieds nommé Rubenthaller, le colonel, à qui l’esprit de son jeune dragon plaisait, ne voulait pas accepter de remplaçant : « Et pourquoi, mon colonel ? — Parce que je tiens à vous ! Et puis, il est trop grand, votre Alsacien, beaucoup trop grand pour un dragon. — Eh ! bien, colonel, prenez-le toujours, vous en ferez deux ! » Le colonel se mit à rire et céda.

Voilà Pailleron redevenu libre. Il part pour Fontainebleau, vit en forêt avec les peintres, se lie intimement avec un artiste, mort aujourd’hui, qui peignait les batailles d’Algérie et du Mexique, J.-A. Beaucé, et dont Édouard Pailleron possède une toile intéressante : Pailleron en burnous, à cheval, dans le désert, en Arabe. Le futur poète, déjà poète, était en effet parti pour l’Afrique avec Beaucé. Il y resta six mois, visitant la province de Constantine, les Aurès, Biskra, s’enfonçant au désert ; il revint par la Kabylie jusqu’à Alger. Durant les années qui suivirent, Pailleron