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Page:Claretie - Édouard Pailleron, 1883.pdf/26

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rées où le rire court électriquement à travers la salle et où le public semble, pour se divertir, être de complicité avec l’auteur. Il allait bientôt donner à l’Odéon le Second Mouvement, et au Gymnase le Monde où l’on s’amuse, tableau parisien fort bien monté, où telle scène, celle des éventails, dénotait une maîtrise élégante. Puis, en 1869, il faisait représenter les Faux Ménages, une des rares comédies modernes en vers que le théâtre contemporain nous ait laissées, une pièce hardie où Pailleron étudiait, dans un réalisme saisissant, celle que la langue facile du boulevard appelle d’un nom compris de tous, la cocotte. On fait aujourd’hui des drames réalistes ; on n’écrit plus de grandes comédies en vers puisées aux sources de la vérité. Une des dernières est les Faux Ménages. La fortune en fut très grande. « Le sujet est illégitime, mais le succès est légitime », disait alors un homme d’esprit.

Nous écrivions alors, dans le feuilleton de l’Opinion nationale :

Cela est tout à fait charmant, semé de traits heureux, d’une verve et d’une ironie remarquables. Ce sont des caricatures enlevées d’un trait, fines et profondes à la fois. Des maris qui présentent leur femme surnuméraire, tandis que l’épouse, malade au logis,