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Page:Claretie - Édouard Pailleron, 1883.pdf/33

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d’hypocrisie, l’est encore du nôtre, avec cette différence que nous n’avons fait que substituer au mot de gravité, qui sent son grand siècle, celui de tenue. L’observation de M. Sarcey avait même une rare finesse, chose qu’on ne demande pas d’ordinaire à sa critique en déshabillé.

Pailleron avait donc beau jeu à s’amuser de la gravité. Non pas — je suis de l’avis de Saint-Victor — que je trouve du tout ridicule de s’occuper du Ramayana, « qui est un poème immensément beau, » ou de faire des fouilles quand on est un grand seigneur, ou de lire le philosophe Joubert, qui est un moraliste exquis et d’une mélancolie charmante. Mais « il est aussi absurde de professer le Ramayana dans un salon mondain, entre un piano et une étagère, qu’il serait grotesque de s’y présenter une queue de vache à la main ».

Je ne résiste pas à la tentation de raconter, à propos de cette jolie pièce, une piquante anecdote que la très charmante actrice qui en est l’héroïne me pardonnera, j’espère. Lors de la distribution du Monde où l’on s’ennuie, Mme Émilie Broisat, si dramatique dans la Kitty Bell, de Vigny, ne voulait pas absolument de son