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Page:Claretie - Victor Hugo, 1882.pdf/38

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moi, un homme qui avait défendu Beaumarchais dans le procès Goezman, vingt-cinq ans avant ma naissance. C’était le chancelier Pasquier.

Victor Hugo met ainsi de la coquetterie à rappeler qu’il a assisté à la fin d’un monde évanoui. Et il faut l’entendre alors évoquer cette société boudeuse dont faisait partie sa mère et qui contestait les victoires impériales, tandis que son père allait donner son sang dans ces combats ! Il faut l’entendre peindre, d’un trait, ces gentilshommes attardés qui haussaient les épaules à la nouvelle d’Austerlitz et disaient en ricanant :

— Peuh ! J’ai des détails ! La vicomtesse a reçu une lettre. Austerlitz ?… Rien du tout ! Une anecdote ! Une pure affaire d’avant-garde !

Ces conversations et ces souvenirs expliquent d’ailleurs profondément le génie même de Victor Hugo, son éclosion entre les murailles espagnoles et son grandissement avec les préoccupations et les admirations militaires, soldatesques.

Puis, après les images des camps, ce sont les souvenirs littéraires et avec eux le poète retrouve dans sa mémoire les traits, les noms, les œuvres