Page:Claudel - La Messe là-bas, 1919.djvu/32

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Toutes ces choses que nous aimons tant et qui dans le fond nous dégoûtent,

Quelle joie de s’entendre dire enfin qu’il nous faut les abandonner toutes !

Puisqu’elles ne nous permettaient pas de passer outre et voici la vérité qui est tellement autre et mieux,

La joie de les avoir, jadis, ne vaudra jamais celle que nous avons à leur dire adieu !

Autre ? mais ce que nous aimons précisément, c’est cet air de parenté sublime,

De sorte qu’habitants des vallées, cependant nous ne sommes pas dépaysés sur la cime !

A travers les Articles éternels tout cela qui nous est révélé.

Il nous semble que nous l’avions toujours su, tellement c’est humain et familier.

Et si pour tout nous expliquer on ne nous apporte que des mystères,

Ce sont mystères comme entre les époux et comme entre l’enfant et la mère,

Réels, ceux qu’il nous fallait, source d’intérêt dévorant, et de joie poignante, et de vie !

La Foi donne leur dignité pour toujours à ces choses qui seront éternellement comme ici.

Pas de ces inventions blêmes pour nous et les mots faits de main d’homme de la philosophie !

De quoi est-ce que le catéchisme nous parle et de quoi sont faites nos prières ?

Un père de qui sont complètement ses fils, des enfants qui sont complètement à leur père.

Des frères sous le même toit ensemble, une mère admirable et charmante,