Page:Claudel - La Messe là-bas, 1919.djvu/46

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.



Ce qu’on appelle réalité des choses, à force de nous faire anonymes nous finirons bien par la trouver en défaut, nous finirons bien par la trouver assoupie !

A force d’être étrangères les choses finiront bien un jour par le Paradis !

(Il faut trouver le poste juste et que rien ne distraie ma surveillance.

J’ai besoin de trop d’attention pour ne pas faire silence.)

Le délice qui est associé à leur être et la communication qu’elles contiennent,

Je finirai directement par l’entendre, autrement qu’au travers de ces paroles païennes !

A moi le maximum de désolation dans le maximum de lumière !

Tant que je n’ai pas trouvé le Paradis, la vraie place pour moi est ce qui ressemble le plus à l’Enfer.



Rimbaud, pourquoi t’en vas-tu, et pourquoi est-ce toi une fois de plus comme sur les images,

L’enfant qui quitte la maison vers la ligne des sapins et vers l’orage ?

Ce que tu cherchais si loin, l’Eternité dès cette vie accessible à tous les sens, —