Page:Claudel - La Messe là-bas, 1919.djvu/66

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.



Dont il sent que toutes les choses autour de lui sont essentiellement incapables ?

C’est cela que ce qu’on appelle l’amour, ou tout simplement le plaisir,

Se charge, chez la plupart, de transformer, et de faire semblant de satisfaire, et de détruire.

Mais lui, (pendant qu’il serre ce morceau de pain dans sa main et ne songe pas à le porter à sa bouche),

Sent qu’il est regardé avec attention par quelqu’un qui est peut-être prêt à s’avancer mais encore farouche.

Il sait seulement que celle-ci, parmi les autres présences, est là, et rien ne servirait de lever les yeux trop tôt.

Mais dans son cœur déjà se réunit et se prépare tout ce qu’il faut

Pour accueillir, pendant que les gens déjà se lèvent en tumulte et que l’alouette chante éperdument dans la plaine,

La main impérieuse pour un autre chemin dans la sienne et le sourire de cette sœur soudaine !