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Page:Claudel - Le Pain dur, 1918.djvu/66

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SICHEL. — C’est un coup bien sensible pour moi.

TURELURE. — Vous m’en voyez transpercé.

SICHEL. — J’ai bien dit que l’âge t’a rendu idiot.

TURELURE. — Peut-être qu’il te rendra polie.

SICHEL. — Tu vivras toujours, n’est-ce pas ?

TURELURE. — Je l’espère de toutes mes forces. L’expérience m’apprend que je survis à tout le monde.

SICHEL. — Ce n’est pas l’avis de ton médecin.

TURELURE. — J’en prendrai un autre.

SICHEL. — Ni de ton fils sans doute.

TURELURE. — Faudra bien qu’il s’y accoutume.

SICHEL. — Si tu meurs, ayant épousé cette petite, — si tu meurs, dis-je…

TURELURE. — J’ai bien entendu ! ce n’est pas la peine de répéter.