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sait plus même le nombre. Il mena une très énergique campagne contre le boulangisme. Enfin, en 1897, un différend étant survenu entre lui et la direction de la Dépêche, pour une question de politique locale montpelliéraine, il donna sa démission de rédacteur et de correspondant du journal, et revint habiter Paris.

Collaborateur au Gil Blas, il y publia chaque semaine, pendant près de trois ans, des contes et nouvelles ; et, en feuilleton, un roman qu’on vient d’éditer sous le titre : Idylle d’une Révoltée. C’est à ce moment aussi qu’il fit paraître dans le Temps une suite d’articles intitulés : Petits Mémoires d’un parnassien ; on y voit revivre le mouvement parnassien au temps de la fondation, et des personnages : Leconte de Lisle, Verlaine, Anatole France, J.-M. de Hérédia, Léon Cladel etc. ; quand ces souvenirs paraîtront en volume, on possédera la vérité sur cette floraison littéraire, à propos de laquelle courent encore des légendes. Le Temps eut aussi de lui des articles sur le mouvement catalaniste, qui firent du bruit.

L’Aurore publia en feuilleton : Officier de fortune, dont l’action se passe sous le Consulat ; le héros est le fameux Maubreuil. La première partie de ce roman a paru, sous le même titre, à la librairie Tallandier. Les deux autres parties, Bonaparte-Scapia et la Racchante, restent à éditer. Madame de la Valette (Ollendorff, 1901), dédiée à Anatole France, fait partie de cette série ; le romancier y a réalisé ce tour de force de dérouler presque toute l’action en la seule nuit de l’investissement de Paris par les alliés, le 29-30 mars 1814, sans que le récit, pressé, rapide, haletant, cesse d’être extrêmement captivant.

Il contribua, pendant cette période, par des souvenirs, des chroniques, des nouvelles, des articles littéraires, aux rédactions du Temps, du Petit Bleu, des Droits de l’Homme, du Journal du Peuple, de la Lanterne, du Radical, et de divers périodiques : Nouvelle Revue, Renaissance latine, Revue contemporaine, Monde moderne, Revue des Revues, où il publia (15 juillet 1903) une comédie : le Valet de madame la duchesse, faite en collaboration avec Anatole France en 1868. Il collabora au Figaro, où, chaque semaine, sous le titre : En Province, il mena une assez active campagne fédéraliste-régionaliste À ce propos, je rappelle qu’à la fondation de la Fédération régionaliste française, il fut nommé président ; mais ce fut une présidence plus honoraire qu’effective.

Tout ce que Ricard a écrit devait, en son esprit, se classer par séries : tels, ces romans du premier empire dont j’ai parlé. Il projetait également une double série sur le second empire, documentée de ses propres souvenirs et des notes que lui laissa son père. La première, de forme romanesque, quoique toute vraie au fond, porte le litre générique de Mémoires d’une Déclassée ; elle s’ouvre par les Foucades de la Duchesse (Juven, 1901), où fleurit l’adultère de ce temps impérial par la débauche autant que par son triste régime; elle se continue par l’Hôtel du Plaisir, Mesdames, en préparation, et doit aller jusqu’à la Commune. La seconde série, intitulée : Carnets d’une Demoiselle de Saint-Denis (Histoire mondaine du second empire), com-