Page:Collectif - Revue canadienne, Tome 1 Vol 17, 1881.djvu/134

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Devant un pareil état de choses, on comprend facilement que des écrivains catholiques aient cru de leur devoir de prendre la plume pour montrer, à qui ne veut pas de parti pris fermer les yeux à la lumière, la nature et les tendances véritables de la révolution et de la franc-maçonnerie.

Un savant religieux, le R. P. Deschamps, de la compagnie de Jésus, y a consacré trente années de sa vie — trente années passées à rechercher, à étudier les documents inédits, à compulser les historiens, à consulter les autorités les moins suspectes de préjugés à l’égard des sectes, c’est-à-dire les livres des maçons eux-mêmes. Le Père Deschamps avait ainsi préparé la matière de l’ouvrage le plus complet qui ait encore été écrit sur ce sujet quand Dieu l’appela à la récompense qui attend là-haut ceux qui ont consacré leur vie à la défense de la vérité. Mais il laissait un digne continuateur de son œuvre. M. Claudio Jannet, dont le nom jouit désormais en Canada de la plus légitime popularité, a terminé la publication de cet ouvrage, d’après le plan du vénérable auteur, et a fait paraître les deux derniers volumes. Puis, encouragé par l’accueil favorable que l’on a fait à ce livre, il a voulu en publier une seconde édition, entièrement refondue, et continuée jusqu’aux évènements actuels ; et il a fait précéder cette nouvelle édition d’une introduction sur l’action des sociétés secrètes au XIXe siècle.

Cette introduction, œuvre vraiment magistrale, a valu à son auteur, une lettre très élogieuse de Mgr Fava, évêque de Grenoble. Cet éminent prélat, qui a fait des études particulières et approfondies sur les sociétés secrètes, a voulu motiver cette appréciation, et il a démontré quelle lumière éclatante le travail de M. Jannet jette sur le sujet traité par le P. Deschamps. Non content de cette première lettre Mgr Fava a envoyé à la Revue catholique des Institutions et du Droit une seconde étude traitant de la doctrine, de l’histoire et du gouvernement de la franc-maçonnerie.

Or, de ce qu’on ainsi écrit les trois écrivains distingués que nous venons de nommer, il ressort principalement ceci : que la Révolution et la Franc-maçonnerie tendent au même but, accomplissent la même œuvre. Ces esprits profonds, frappés par le caractère d’universalité qu’offre la révolution ont