Page:Collins - Le Secret.djvu/75

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dais de me décrire telle que je suis, le pourriez-vous sans vous tromper ? Essayez !

— Le puis-je réellement ?… Eh bien ! préparez-vous à un catéchisme complet !… Je ne vous fatigue pas, assise ainsi sur vos genoux ?… Voyons ; première question : quand nous sommes debout à côté l’un de l’autre, comment suis-je grande ?

— Vous m’arrivez juste à l’oreille.

— Bien répondu pour commencer. Continuons. Dans votre portrait, comment sont mes cheveux ?

— Brun foncé… et très-abondants… Au goût de certaines gens, ils descendent un peu trop bas sur le front.

— Que me parlez-vous de certaines gens… ? À votre goût, est-ce qu’ils descendent trop bas ?

— Certainement non… j’aime, moi, qu’ils avancent… j’aime toutes ces petites ondes qu’ils décrivent autour de votre front… je les aime comme vous les avez, relevés en arrière par bandeaux unis qui laissent voir vos oreilles et vos joues… par-dessus tout, j’aime ce gros nœud qui vient fermer, derrière votre tête, leurs épaisses torsades.

— Lenny, vous avez décidément très-bonne mémoire… Descendons maintenant un peu plus bas.

— Un peu plus bas nous arrivons à vos sourcils… Dans mon portrait, ils sont dessinés à merveille.

— Oui… mais ils ont un défaut… Et lequel ? Dites, allons !

— Ils ne sont pas tout à fait aussi prononcés qu’ils pourraient l’être…

— Encore une réponse fort juste. Et mes yeux ?

— Bruns, grands, éveillés, chercheurs… des yeux tantôt très-doux et tantôt très-brillants… des yeux qui peuvent être calmes et tendres, comme ils le sont en ce moment, mais qui, sur la moindre provocation, s’ouvrant plus que de raison, jetteront peut-être trop de flammes, exprimeront trop de détermination.

— Faites donc en sorte qu’ils n’aient pas lieu, tout présentement, de s’animer ainsi… Au-dessous des yeux, que trouvons-nous ?

— Un nez un peu trop petit pour aller avec ces grands yeux… un nez dont la tendance naturelle serait d’être un peu…

— Ne prononcez pas cet horrible mot anglais… épargnez