Page:Comte - Discours sur l’esprit positif.djvu/48

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liciter un appui surnaturel. En second lieu, cette opposition, inhérente à l’ensemble de nos conceptions industrielles, se reproduit continuellement, sous formes très variées, dans l’accomplissement spécial de nos opérations, où nous devons envisager le monde extérieur, non comme dirigé par des volontés quelconques, mais comme soumis à des lois, susceptibles de nous permettre une suffisante prévoyance, sans laquelle notre activité pratique ne comporterait aucune base rationnelle. Ainsi, la même corrélation fondamentale qui rend la vie industrielle si favorable à l’ascendant philosophique de l’esprit positif lui imprime, sous un autre aspect, une tendance anti-théologique, plus ou moins prononcée, mais tôt ou tard inévitable, quels qu’aient pu être les efforts continus de la sagesse sacerdotale pour contenir ou tempérer le caractère anti-industriel de la philosophie initiale, avec laquelle la vie guerrière était seule suffisamment conciliable. Telle est l’intime solidarité qui fait involontairement participer depuis longtemps tous les esprits modernes, même les plus grossiers et les plus rebelles, au remplacement graduel de l’antique philosophie théologique par une philosophie pleinement positive, seule susceptible désormais d’un véritable ascendant social.


Nous sommes ainsi conduits à compléter enfin l’appréciation directe du véritable esprit philosophique par une dernière explication qui, quoique étant surtout négative, devient réellement indispensable aujourd’hui pour achever de caractériser suffisamment la nature et les conditions de la grande rénovation mentale maintenant nécessaire à l’élite de l’Humanité, en manifestant directement l’incompatibilité finale des concep-