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silhouettes canadiennes

contre les Iroquois. Il était de la troupe de M. de Montmagny, dans le combat livré à deux cents de ces sauvages sur la rivière Richelieu, en 1643. Deux ans après, il mit en fuite, sur le lac Saint-Pierre, une bande d’ennemis qui échappèrent, dit Ferland, à la faveur d’une nuit très obscure.

L’année suivante, il se distingua entre tous les braves qui défendirent le fort de Bécancourt contre les Iroquois.

L’état si précaire de la colonie ne décourageait point le jeune Français. Il s’était épris de la vie aventureuse, de l’âpre charme des forêts. Il aimait le sauvage pays où il avait grandi et, résolu de s’y établir, voulait se marier. En 1649, il épousa Marie Chrestienne, fille d’un chef huron et élève des Ursulines de Québec. C’était une exquise fleur des bois. Marie de l’Incarnation en parle dans ses lettres avec une fierté maternelle. Mais la jeune huronne mourut peu après son mariage.

Pierre Boucher s’était fixé aux Trois-Rivières [1]. Jean Godefroy, Jacques Hertel, Le Neuf de la Potherie, Le Neuf du Hérisson, Jean Nicolet, Normanville, Sébasthien Dodier, François Marguerie, Étienne Lafond, Bertrand Fafard, Pierre Blondel, Christophe Crevier y étaient déjà établis.

Depuis longtemps c’était le poste le plus fréquenté. Les Français y venaient de tous côtés, aux nouvelles. Nulle part, il ne circulait tant de bruits sinistres. Les sauvages amis qui arrivaient, chargés de fourrures, avaient toujours quelque désastre à annoncer. Cela n’arrêtait pas le trafic et au besoin, on allait chercher des chaudières, des haches, des couteaux et autres marchandises européennes à Québec. Le

  1. Faut-il dire aux Trois-Rivières ou à Trois-Rivières ? L’oreille préfère à Trois-Rivières, mais Pierre Boucher et, je crois, tous les anciens disaient aux Trois-Rivières.