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pierre boucher

l’union, et que vous ferez tout votre possible pour qu’il n’y ait aucune brouillerie entre eux. Je leur ordonne d’avoir beaucoup de confiance en vous et de déférence pour vos sentiments.


À tous en général


« Je vous parle à tous, mes chers Enfans. Voulez-vous que Dieu vous bénisse ? tenez-vous en paix les uns avec les autres et que l’intérêt ne soit pas capable de vous désunir ; ce qui pourrait arriver dans le partage du peu de bien que je vous laisse. C’est si peu de chose que cela n’en vaut pas la peine, mais si par malheur, ce que je ne crois pas, il arrivait quelque difficulté entre vous, prenez deux ou trois personnes de vos amis des plus gens de bien et leur remettez tous vos intérêts entre les mains, et passez-en par où ils jugeront à propos ; vous souvenant qu’un méchant accord vaut mieux qu’un bon procès. Souvenez-vous encore que le meilleur moyen d’entretenir la paix, c’est de conserver la crainte de Dieu. Ayez confiance en sa bonté et il vous donnera ce qui vous est nécessaire. Faites du bien à tout le monde, pour l’amour de lui ; ne faites de mal à personne autant que vous le pourrez. C’est Dieu qui m’a donné le peu de bien que je vous laisse ; il m’en a assez donné pour vivre honnêtement avec les honnêtes gens ; il vous en donnera aussy autant qu’il vous sera nécessaire, et à vos enfans ; je l’en prierai de tout mon cœur, s’il me fait miséricorde, comme je l’espère de sa bonté. Faites réflexion qu’il y a bien des personnes qui se fatiguent jour et nuit, pour amasser du bien pour des gens qui se moqueront d’eux après leur mort. Il faut faire ce que l’on peut pour en amasser, ne négliger aucune occasion ; mais que ce soit toujours sans préjudice de notre conscience et notre honneur. Plus-tôt vivre pauvre, plus-tôt mourir,