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pierre boucher

dans la crainte du Seigneur. Continuez de tout votre pouvoir à conserver la paix entre vos frères et sœurs ; que l’intérêt ne soit jamais cause de votre désunion.


« Je dis aussi adieu à ma fille, Le Gardeur, à son mary et à tous ses enfans, auxquels je donne ma bénédiction. Vous ne devez pas douter, ma chère fille, que je n’aye bien de l’amitié pour vous. En reconnaissance, priez Dieu pour ma pauvre âme et engagez M. Le Gardeur de ma part à conserver la paix et l’union dans la famille. Qu’il se souvienne que « Bienheureux sont les pacifiques ». La vie est courte, l’éternité bien longue puisqu’elle n’a pas de fin. Servez bien Dieu en remplissant fidellement tous les devoirs de votre état.


« Adieu, ma fille De Muy, adieu à tous vos enfans à qui je donne comme à vous ma bénédiction. Je prie de tout mon cœur le Seigneur qu’il vous donne tout ce qui vous est nécessaire en ce monde et le Paradis en l’autre. Je demande la même grâce pour M. De Muy. Priez Dieu pour moi qui vous aime tendrement.


« Je prie derechef Monsieur De Muy de se souvenir qu’il m’a promis d’accommoder les petits différens qui pourraient naître dans la famille. Souvenez-vous, Monsieur, que Dieu vous a donné de l’esprit et du talent pour cela ; de plus, vous êtes homme d’honneur et de parole, ce qui fait que je fonde beaucoup sur vous.


« Mandez à votre frère, le Curé de Saint-Joseph, que je lui dis adieu ; qu’il se souvienne de moy au St-Autel et que je lui donne de tout cœur, ma bénédiction. Il peut beaucoup contribuer à maintenir la paix et l’union dans la famille, qu’il y travaille ; je l’en prie très instamment.