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louis hébert

hésité à revenir. Ce fut probablement lui qui dirigea les travaux, car quelques pages plus loin, l’historien ajoute que « Poutrincourt sema du blé et planta des vignes avec l’aide de M. Louis Hébert très entendu à la culture ».

Poutrincourt savait vouloir. Aucun obstacle ne le rebutait. S’il souffrait cruellement d’être entravé par la pénurie de ses ressources, il ne se décourageait point.

Mais à Paris, des personnages influents s’unirent contre lui. Au lieu de l’aider à affermir Port-Royal, on forma une société pour fonder un autre établissement en Acadie.

Les nouveaux colons arrivèrent au mois de mars 1613, sous la conduite de La Sausseraye. Ils se fixèrent près des côtes du Maine, sur l’île Mont-Désert qu’ils nommèrent Saint-Sauveur. Les ressources ne leur manquaient pas et tout allait admirablement bien.

Mais à l’automne, les colons anglais commandés par Samuel Argall, sous-gouverneur de la Virginie, vinrent en forbans détruire l’établissement commencé. Ensuite, ils firent voile vers Port-Royal. La France et l’Angleterre étaient alors en pleine paix. Il n’y avait personne au fort. Tout le monde était aux champs, près de la rivière Dauphin, à deux lieues de là. Les Puritains pillèrent d’abord l’habitation. Puis Argall y fit mettre le feu. Quelques heures après, de l’établissement qui avait coûté aux Français tant de sacrifices, tant de labeurs, il ne restait plus que les cheminées qui se dressaient hautes et noires sur les cendres fumantes.