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silhouettes canadiennes

Mais la maison de Louis Hébert avait été respectée, et sa veuve l’habitait avec ses enfants et son gendre.

Comment dire leurs transports, quand ils aperçurent le pavillon blanc aux mâts des navires qui arrivaient ? Et que Champlain fut heureux de retrouver ceux qu’il avait laissés, trois ans auparavant, l’attendant sur le rivage, fous de bonheur. Pas un ne manquait : Madame Hébert, son fils Guillaume, Madame Couillard et son mari, les autres Français restés à Québec, tous étaient là, et aussi les petits Couillard si beaux, d’après le Père Lejeune.

C’est dans la maison de Madame Hébert que le missionnaire célébra la messe à son arrivée : « Bon Dieu ! dit-il, dans les Relations, quelle joye ! Les larmes tombaient des yeux quasi à tous de l’extrême contentement qu’ils avaient. Oh ! que nous chantâmes de bon cœur le Te Deum laudamus. »

À cette heure si douce, sous ces humbles lambris, comme Louis Hébert était vivant dans les cœurs ! Et sans doute le vaillant colon était là, louant et bénissant Dieu avec les siens et avec Champlain. « Les morts sont des invisibles, ils ne sont pas des absents. »

Madame Hébert survécut vingt-deux ans à son mari et se remaria à un colon venu de Normandie : Guillaume Huboust Deslongchamps. Ce mariage lui permit d’entreprendre une œuvre généreuse, que l’ardente charité de Louis Hébert pour les indigènes lui avait sans doute inspirée.

Dans sa maison du côteau Sainte-Geneviève, elle reçut un certain nombre de petites sauvagesses. Elle les nour-