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cœur le souvenir de cet ange que Dieu avait mis sur votre route pour vous conduire à lui. Ce qu’elle a fait pour vous est l’héroïsme de la charité. Quant à ces objets qui vous sont si justement chers, vous avez là l’occasion d’un sacrifice.

Et comme je ne répondais rien, le vénérable religieux mit ses mains sur ma tête et me dit avec un accent qui pénétra jusqu’au plus intime de mon âme :

— Mon enfant, pourquoi êtes-vous venu ici ? Pourquoi voulez-vous être religieux ?

J’étais bien troublé, mais je lui dis :

— Mon Père, commandez-moi ce que vous voudrez, je vous obéirai en toutes choses ; seulement, je vous en prie, laissez-moi ce qui me reste d’elle. Ces souvenirs sont pour moi sacrés, je les avais sur mon cœur au jour de mon baptême et de ma première communion. Permettez que je les garde encore, au moins pour quelque temps.

— Non, me répondit-il avec douceur, mais aussi avec une autorité qui ne souffrait pas d’instances, non, mon enfant. Le sacrifice est la base de la vie religieuse. Si vous voulez commencer votre noviciat, il faut me remettre ces objets, auxquels vous tenez tant.

Il se fit dans mon âme un combat bien douloureux. Je vous l’avoue à ma confusion, pendant quelques instants j’hésitai. — Oui, j’hésitai. Ô mon Dieu, ayez pitié de moi ! Ô ma Thérèse, prie pour moi, dis-je au fond de mon cœur ; et,