Page:Condillac - Traité des sensations, 1754, tome II.djvu/204

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donné aucune attention, deviendra de la plus grande bonté ou de la plus grande beauté.

En cela, comme en toute autre choſe, elle ne jugera que par rapport à elle. D’abord, elle prend ſes modeles dans les objets qui contribuent plus directement à ſon bonheur ; enſuite elle juge des autres objets par ces modeles, & ils lui paroiſſent plus beaux, lorſqu’ils leur reſſemblent davantage. Car après cette comparaiſon, elle trouve à les voir, un plaiſir qu’elle n’avoit point goûté juſqu’alors. Un arbre, par exemple, chargé de fruits, lui plaît, & lui rend agreable la vue d’un autre qui n’en