Page:Condillac - Traité des sensations, 1754, tome II.djvu/233

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autres ſens n’auroient plus d’attrait pour elle : elle ne remarqueroit plus les objets qui pourroient les produire. Sans étonnement, ſans curioſité, elle ceſſeroit de réfléchir ſur ce qu’elle a ſu, elle en oublieroit bientôt une partie, elle oublieroit comment elle a appris ce qu’elle ſait encore ; & elle ne douteroit pas qu’elle n’eût toujours ſenti, entendu, vu & touché comme elle ſent, entend, voit & touche. Toute entiere à la recherche d’une nourriture, que je ſuppoſe extrêmement rare, elle meneroit une vie purement animale. A-t-elle faim ? Elle ſe meut, elle va partout où elle ſe ſouvient d’avoir