Page:Condillac - Traité des sensations, 1754, tome II.djvu/244

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jamais ſoupçonné que mon exiſtence pût embraſſer deux inſtans.

Mais j’éprouve ſucceſſivement pluſieurs Senſations : elles occupent ma capacité de ſentir, à proportion des degrés de peine ou de plaiſir, qui les accompagnent. Par-là elles reſtent préſentes à ma mémoire, lorſqu’elles ne le ſont plus à mon organe. Mon attention étant partagée entr’elles, je les compare, je juge de leurs rapports, je m’en fais des idées abſtraites, je connois des vérités générales. Alors, toute l’activité dont je ſuis capable, ſe porte aux manieres d’être qui m’ont plu davantage ;