Page:Condillac - Traité des sensations, 1754, tome II.djvu/245

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j’ai des beſoins, je forme des deſirs, j’aime, je hais, j’eſpere, je crains, j’ai des paſſions ; & ma mémoire m’obéit quelquefois avec tant de vivacité, que je m’imagine éprouver des Senſations, que je ne fais que me rappeler.

étonné de ce qui ſe paſſe en moi, je m’obſerve avec encore plus d’attention. à chaque inſtant je ſens que je ne ſuis plus ce que j’ai été. Il me ſemble que je ceſſe d’être moi, pour redevenir un autre moi-même. Jouir & ſouffrir font tour-à-tour mon exiſtence ; & par la ſucceſſion de mes manieres d’être, je m’apperçois que je dure. Il falloit