Page:Condillac - Traité des sensations, 1754, tome II.djvu/248

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aux dépens de mon être, ne ſe fait connoître à moi, que pour me réduire à des limites toujours plus étroites. Que deviens-je en effet, lorſque je compare le point où je ſuis, avec l’eſpace que remplit cette multitude d’objets que je découvre ?

Dès ce moment, il me ſemble que mes manieres d’être ceſſent de m’appartenir : j’en fais des collections hors de moi : j’en forme tous les objets, dont je prends connoiſſance. Des idées qui demandent moins de comparaiſons, je m’éleve aux idées, que je n’acquiers qu’autant que je combine. Je conduis mon attention d’un objet à un autre, & raſſemblant