Page:Condillac - Traité des sensations, 1754, tome II.djvu/252

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


loin ſur la terre, & s’élever juſqu’aux cieux : devant eux, en un mot, il déploie l’univers. Alors ils paroiſſent ſe jouer dans des eſpaces immenſes ; ils manient les objets, auxquels le toucher ne peut atteindre ; ils les meſurent ; & les parcourant avec une rapidité étonnante, ils ſemblent enlever ou donner à mon gré l’exiſtence à toute la nature. Au ſeul mouvement de ma paupiere, je crée ou j’anéantis tout ce qui m’environne.

Quand je ne jouiſſois pas de ce ſens, aurois-je jamais pu comprendre, comment ne changeant point de place, il m’auroit été poſſible de connoître ce qui eſt