Page:Condillac - Traité des sensations, 1754, tome II.djvu/256

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


craindre de céder les unes aux autres. La variété & la vivacité des couleurs le diſputent au parfum des fleurs ; les oiſeaux me paroiſſent plus admirables par leur forme, leur mouvement & leur plumage, que par leurs chants. Et qu’eſt-ce que le murmure des eaux comparé à leur cours, leurs caſcades & leur brillant cryſtal !

Tel eſt le ſens de la vue : à peine inſtruit par le toucher, il diſpenſe les tréſors dans la nature ; il les prodigue pour décorer les lieux, que ſon guide lui découvre ; & il fait des cieux & de la terre un ſpectacle enchanteur, qui n’a de magnificence,