Page:Condillac - Traité des sensations, 1754, tome II.djvu/257

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que parce qu’il y répand ſes propres Senſations.

Elle ſe rappele comment les plaiſirs & les peines ont été le premier mobile de ſes facultés. Que ſerois-je donc, ſi toujours concentrée en moi-même, je n’avois jamais ſu tranſporter mes manieres d’être hors de moi ? Mais dès que le toucher inſtruit mes autres ſens, je vois au-dehors des objets qui attirent mon attention par les plaiſirs ou par les peines qu’ils me cauſent. Je les compare, j’en juge, je ſens le beſoin de les rechercher, ou de les fuir ; je les deſire, je les aime, je les hais, je les crains : chaque jour j’acquiers de nouvelles connoiſſances ; & tout ce qui m’environne devient l’inſtrument de ma