Page:Condillac - Traité des sensations, 1754, tome II.djvu/258

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mémoire, de mon imagination & de toutes les opérations de mon ame. Pourquoi faut-il que je trouve des obſtacles à mes deſirs ? Pourquoi faut-il que mon bonheur ſoit traverſé par des peines ? Mais que dis-je ! Jouirois-je proprement des biens qui me ſont offerts, ſi je n’avois jamais de victoire à remporter ? En jouirois-je ſi les maux, dont je me plains, ne m’en faiſoient pas connoître le prix ? Mon malheur même contribue à mon bonheur ; & la plus grande jouiſſance des biens naît de l’idée vive des maux auxquels je les compare. C’eſt au retour des