Page:Condillac - Traité des sensations, 1754, tome II.djvu/264

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réfléchit ſur l’ignorance où elle eſt d’elle-même. Cependant, ſi je connois imparfaitement les objets extérieurs, je ne me connois pas mieux moi-même. Je me vois formée d’organes propres à recevoir différentes impreſſions ; je me vois environnée d’objets qui agiſſent tous ſur moi, chacun à ſa maniere ; enfin dans le plaiſir & dans la peine qui accompagnent conſtamment les Senſations que j’éprouve, je crois appercevoir le principe de ma vie & de toutes mes facultés.

Mais ce moi qui prend de la couleur à mes yeux, de la ſolidité ſous mes mains ; ſe connoît-il mieux pour regarder aujourd’