Page:Condillac - Traité des sensations, 1754, tome II.djvu/66

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elle avance. Enfin, elle rencontre un corps : auſſi-tôt les jugemens de la vue s’accordent avec ceux du tact. Un moment après, elle recule : d’abord l’objet ne lui paroît pas en être plus loin d’elle. Mais ayant eſſayé d’y porter la main, & n’ayant pu l’atteindre, elle va encore à lui ; & s’en étant éloignée & rapprochée à pluſieurs repriſes, elle s’accoutume peu-à-peu à le voir hors de la portée de la main.

Le mouvement qu’elle a fait pour s’en éloigner, lui donne à-peu-près une idée de l’eſpace qu’elle laiſſe entr’elle & lui : elle ſait quelle en étoit la grandeur, quand elle le touchoit ; & ſi le tact