Page:Condillac - Traité des sensations, 1754, tome II.djvu/84

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plus grand, ſi elle en eſt ſéparée par des champs, des bois, des rivieres. Car l’étendue des champs, des bois & des rivieres lui étant connue, c’eſt une meſure qui détermine combien elle en eſt éloignée. Mais ſi quelque élévation lui cache les objets intermédiaires, elle ne jugera de ſa diſtance, qu’autant que quelque circonſtance lui en rappelera la grandeur. Un cheval immobile peut, par exemple, lui paroître aſſez petit & aſſez près. Il ſe meut : à ſes mouvemens elle le reconnoît : auſſi-tôt elle le juge de la grandeur ordinaire, & elle l’apperçoit dans l’éloignement.