Page:Contes de Madame de Villeneuve, tome 1.djvu/102

La bibliothèque libre.
Aller à la navigation Aller à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.

ce que le froid dans ce pays se fait sentir d’une façon plus piquante la nuit que le jour.

À la faveur de cette charmante clarté, le pere & la fille se trouverent dans l’avenue d’Orangers. Au moment qu’ils y furent, le feu d’artifice cessa. Sa lumiere fut remplacée par toutes les Statues lesquelles avoient dans leurs mains des flambeaux allumés. De plus des lampions sans nombre couvroient toute la façade du Palais : placés en cimétrie, ils formoient des lacs d’Amour ; & des chiffres couronnés, où l’on voyoit des doubles L. L. & des doubles B. B. En entrant dans la cour ils furent régalés d’une salve d’artillerie, qui se joignant au bruit de mille instrumens divers, tant doux que guerriers, firent une harmonie charmante.

Il faut, dit la Belle en raillant, que la Bête soit bien affamée pour