Page:Contes de Madame de Villeneuve, tome 1.djvu/105

La bibliothèque libre.
Aller à la navigation Aller à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.

Le Monstre se fit entendre. Un bruit effroyable, causé par le poids énorme de son corps, par le cliquetis terrible de ses écailles, & par des hurlemens affreux annonça son arrivée. La terreur s’empara de la Belle. Le vieillard en embrassant sa fille poussa des cris perçans. Mais devenue dans un instant maîtresse de ses sens, elle se remit de son agitation. En voyant approcher la Bête, qu’elle ne peut envisager sans frémir en elle-même, elle avança d’un pas ferme & d’un air modeste salua fort respectueusement la Bête. Cette démarche plut au Monstre. Après l’avoir considérée d’un ton qui sans avoir l’air courroucé pouvoit inspirer de la terreur aux plus hardis, il dit au vieillard bon soir, bon-homme, & se retournant vers la Belle, il lui dit pareillement bon soir, la Belle.

Le vieillard, toujours appre-