Page:Cooper - Œuvres complètes, éd Gosselin, tome 11, 1839.djvu/184

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— Il y a en bas des officiers de l’État qui demandent à être admis au nom de la république.

— Cela devient sérieux, dit don Camillo, qui conservait seul son sang-froid. Ma visite est connue, et l’active jalousie du sénat est plus prompte encore que l’exécution de mes projets. Rappelez toute votre fermeté, donne Violetta. Rassurez-vous, mon père. Je prendrai sur moi la responsabilité de cette entrevue, si l’on en fait un crime.

— Dieu nous en préserve ! s’écria donna Violetta effrayée, et qui perdait tout empire sur elle-même. Mon père, donna Florinda, nous partagerons son châtiment ; il n’a pas été coupable de cette imprudence sans ma participation ; c’est moi qui l’ai encouragé à cette démarche.

Le moine et donna Florinda se regardèrent dans une muette surprise. Heureusement il y eut aussi une expression de sympathie dans ce regard, qui peignait l’inutilité des précautions lorsque les passions sont assez fortes pour éluder toute vigilance. Le moine fit signe à donna Florinda de garder le silence, et il se tourna vers le domestique.

— Quel est le caractère de ces agents de police ? demanda-t-il.

— Mon père, ce sont des officiers bien connus, et ils portent les insignes de leur état.

— Que demandent-ils ?

— À être introduits en la présence de donna Violetta.

— Il y a encore de l’espérance ! répondit le moine en respirant plus librement. Il traversa l’appartement et ouvrit une porte qui communiquait avec l’oratoire particulier du palais : — Retirez-vous dans cette chapelle sacrée, don Camillo, tandis que nous écouterons ici l’explication d’une visite aussi extraordinaire.

Comme le temps pressait, don Camillo obéit à cet ordre. Il entra dans l’oratoire ; et lorsque la porte fut refermée sur lui, le domestique de confiance introduisit ceux qui attendaient.

Un seul individu parut. On le reconnut à l’instant pour un agent public et avoué du gouvernement, qui avait souvent été chargé de missions délicates et secrètes. Donna Violetta, qui avait recouvré son sang-froid, s’avança à sa rencontre avec cette grâce qui devient une habitude chez les femmes de haute naissance.

— Je me trouve honorée de cette surveillance de mes terribles et illustres tuteurs, dit-elle, répondant par un léger signe de tête