Page:Cooper - Œuvres complètes, éd Gosselin, tome 24, 1846.djvu/13

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Indiens étaient rachetés. L’inspecteur reçut son salaire, et partit dans une autre direction pour recommencer son opération en faveur d’un autre colon. Nick reçut aussi sa récompense, et se montra satisfait de la transaction. C’est ce qu’il appelait avoir vendu les castors, quand ils étaient tous partis.

Après ces actes préliminaires, le capitaine Willoughby fit en bonne forme sa demande de concession. Jouissant d’un certain crédit, il l’eut bientôt obtenue ; l’acte fut fait par le gouverneur en conseil, un sceau massif fut attaché à une énorme feuille de parchemin, les signatures furent apposées, et la concession Willoughby figura dans les annales et sur les cartes de la colonie. Mais, ainsi qu’il est arrivé dans bien des cas de cette nature, la concession qui était faite pour six mille deux cent quarante-six acres, se trouva par la suite contenir sept mille quatre-vingt-douze acres d’excellent terrain.

Notre plan et les limites de notre récit nous contraignent de ne donner qu’une esquisse de toutes les opérations du capitaine dans sa prise de possession, quoique nous sentions bien que les détails variés d’un semblable établissement pourraient offrir un intérêt analogue à celui des entreprises de Robinson Crusoé. Comme à l’ordinaire, nos aventuriers commencèrent leurs opérations au printemps. Madame Willoughby et les enfants furent laissés chez des amis à Albany, pendant que le capitaine et ses compagnons s’avançaient en pionniers vers la terre concédée. Nick avait l’emploi de chasseur ; c’était presque une haute fonction et assurément de la plus grande importance dans une expédition de cette nature. Puis venaient huit bûcherons, un charpentier, un maçon, un constructeur de moulins. Tel était, avec le capitaine et un sergent retraité nommé Joyce, le personnel de l’expédition.

Nos aventuriers firent la plus grande partie de la route par mer. Après avoir frayé leur chemin jusqu’aux sources de la Canaideraga, qu’ils prirent pour l’Otsego, ils abattirent des arbres, les creusèrent en canots, s’embarquèrent, et avec l’aide d’un attelage de bœufs que l’on poussait le long du rivage, ils atteignirent la Susquehannah, la descendirent jusqu’à l’Unadilla, remontèrent cette dernière rivière, et arrivèrent enfin jusqu’au petit cours d’eau qui traversait la nouvelle propriété du capitaine. Cette montée fut excessivement laborieuse ; mais le voyage fut terminé vers la fin d’avril, lorsque les eaux étaient encore hautes. La neige