Page:Cooper - Œuvres complètes, éd Gosselin, tome 24, 1846.djvu/137

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— Oui, ma chère Wilhelmina, et Bob nous connaît trop bien, Nick, pour nous tromper à ce sujet. Avez-vous vu le major sur le champ de bataille, quand vous avez eu traversé la rivière, je veux dire ?

— Voir tous, six, deux. Sept mille. Moi, tant près, comment pas voir ? lui droit comme un pin, tuer tout autour de lui, pas blessé. On dit à lui être folie de rester là, pas vouloir s’en aller.

— Et combien supposez-vous qu’on ait laissé de morts sur le champ de bataille ? êtes-vous resté pour voir ?

— Resté pour prendre fusils, havresacs et autres bonnes choses ; en avoir beaucoup. — Ici Nick ouvrit froidement un petit paquet et exhiba une épaulette, plusieurs bagues, une montre, cinq ou six paires de boucles d’argent et divers autres articles de pillage dont il avait dépouillé les morts. — Tout cela bonnes choses les avoir eues sans les demander.

— Je le vois, maître Nick ; mais ce butin a-t-il été pris sur les Anglais, ou sur les Américains ?

— Habits Rouges étaient plus près, avoir plus de choses. Aller plus loin, trouver plus mal, comme disent Faces Pâles.

— C’est tout à fait satisfaisant. Y avait-il plus d’Habits-Rouges dans les morts que d’Américains ?

— Habits-Rouges, comme ceci, dit Nick en levant quatre doigts, Yankees ainsi, en levant un doigt. Prendre grand tombeau pour contenir Habits-Rouges, et petit pour les Yankees. Beaucoup Habits Rouges ! plus que mille guerriers. Les Anglais gémissaient comme une squaw qui a perdu son chasseur.

Telle fut la description que fit Saucy Nick du célèbre combat de Bunker-Hill, dont il avait été témoin, en prenant, toutefois, la précaution de se mettre à couvert. Il ne crut pas nécessaire de raconter qu’il avait donné le coup de grâce au propriétaire de l’épaulette. Il ne lui sembla pas non plus essentiel d’expliquer la manière dont il s’était servi pour obtenir tant de boucles. À tous autres égards, son récit fut assez exact, rien de diminué, rien d’argumenté. Les auditeurs avaient écouté avec attention, et Maud, quand on fit allusion à Robert Willoughby, cacha son visage pâle dans ses mains et pleura. Pour Beulah, elle regarda plusieurs fois son mari avec anxiété, et pensa aux dangers auxquels il serait bientôt exposé.

La réception de cette importante nouvelle confirma Beekman dans son intention de partir. Le jour suivant, il se sépara de