Page:Cooper - Œuvres complètes, éd Gosselin, tome 24, 1846.djvu/181

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camp avec promptitude pour leur garde de nuit, pendant que les femmes s’occupaient du grand intérêt de leur vie, du soin des enfants.

Le capitaine, le major et le chapelain, chacun portant une carabine, les deux premiers des pistolets, traversèrent rapidement la cour et franchirent la porte. Le battant qui s’ouvrait n’avait pas été barré, le capitaine ayant ordonné aux sentinelles, en cas d’alarme, de se retirer dans la cour, puis d’en fermer les portes.

La nuit était étoilée et froide, ce qui est assez ordinaire dans cette région. Il n’y avait ni lampe, ni chandelle à l’extérieur de la maison ; les meurtrières mêmes, étaient dans l’obscurité ; on ne courait pas grand danger en circulant autour des fortifications. Les sentinelles étaient postées si prés des palissades qu’elles pouvaient prévenir rapproche de l’ennemi sans être découvertes ; le capitaine voulut les éviter pour que son fils ne fût pas reconnu, et tous trois restèrent éloignés dans l’ombre projetée par les côtés de la Hutte.

Le premier objet qui frappa les regards de nos deux soldats fut le rocher, qui s’élevait au-dessus du moulin. Les Indiens avaient allumé leurs feux, non loin desquels ils étaient probablement couchés, car ils avaient apporté des planches du moulin et s’en étaient servis pour se faire un camp. Pourquoi restaient-ils dans cette position, et pourquoi négligeait-on les quinze ou vingt cabanes qui bordaient le côté occidental de la vallée ? Voilà ce qui donnait lieu aux conjectures.

— C’est tout à fait surprenant pour des Indiens, dit le capitaine à voix basse. Jamais je n’avais vu des sauvages se couvrir de cette manière, ni allumer des feux pour indiquer la place qu’ils occupent, comme le font ces gens-là.

— N’est-ce pas pour nous tromper, Monsieur ? répondit le major. Pour moi ce camp, si on peut l’appeler ainsi, me fait l’effet d’être désert.

— Il y a là quelque chose de prémédité dont il faut nous défier.

— C’est irrégulier, Monsieur, pour deux soldats comme nous, de rester dans le doute sur un tel point. Mon orgueil militaire se révolte devant cet état de choses, et, avec votre permission, j’irai au dehors faire une reconnaissance.

— L’orgueil militaire est une bonne chose. Bob, quand il est