Page:Cooper - Œuvres complètes, éd Gosselin, tome 24, 1846.djvu/261

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— Je reconnais mon erreur, Joyce, mais Michel avait tant d’honnêteté, ou semblait en tant avoir, que j’ai été sa dupe. Il est trop tard pour nous affliger, il est parti maintenant ; il nous reste seulement à découvrir par quel moyen il a exécuté sa fuite. N’est-ce pas Joël qui aurait défait les barricades de la porte, pour le faire échapper avec l’Indien ?

— J’ai barricadé cette porte, Monsieur, de mes propres mains, d’une manière toute militaire, et je suis sûr de l’avoir retrouvée telle que je l’avais laissée. Le lit du révérend M. Woods semble avoir été défait, cela peut-être nous fournira un indice.

L’examen des lits résolut bientôt le problème : draps et couvertures y manquaient. Cette découverte dirigea l’enquête vers les fenêtres ; l’une d’elles n’était pas entièrement fermée. Une cheminée se trouvait tout auprès, et par son aide il n’avait pas été difficile de gagner le sommet du toit. Là, il y avait une terrasse dont nous avons déjà parlé, et une fois dessus, on pouvait faire le tour du toit sans aucun danger. Joyce gagna cette terrasse suivi du capitaine, ils firent ensuite le tour du bâtiment pour voir si les draps qui avaient servi aux fugitifs pour descendre ne pendaient pas au dehors. Ils les trouvèrent attachés avec les couvertures, et les retirèrent, car les ennemis auraient pu s’en servir pour s’introduire dans la maison.

Michel s’en était donc allé avec son prisonnier, et on pouvait le croire dans les rangs des assiégeants. La conviction de cette vérité donna au capitaine plus que de l’inquiétude ; il en fut réellement affligé, car l’Irlandais avait été un favori de toute la famille, et surtout de sa fille Maud.

— Je ne pense pas que les noirs m’abandonnent, Joyce, dit-il en descendant l’escalier ordinaire. Sur vous je sais que je puis me reposer comme sur mon noble fils, s’il était ici à cette heure.

— Je vous demande pardon, mais si Votre Honneur veut avoir la condescendance de donner ses ordres, la manière dont il sera obéi en dira plus que tout ce que je pourrais répondre.

— Je suis satisfait de cela, sergent ; il faut nous mettre épaule contre épaule, et mourir sur la brèche, s’il est nécessaire, avant de rendre la place.

Les deux vieux soldats étaient encore dans la cour où ils trouvèrent tous les hommes qui leur restaient, car les pauvres gens étaient trop inquiets pour penser à dormir jusqu’à ce qu’ils se