Page:Cooper - Œuvres complètes, éd Gosselin, tome 24, 1846.djvu/340

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— Pressons-nous alors, Wyandotté, pour l’amour de Dieu ! Laissez-moi mourir en défendant ma bien-aimée mère.

— Mère, bien. Elle médecin du Tuscarora, quand la mort grimaçait devant lui. Elle ma mère aussi.

Ceci fut dit énergiquement et de manière à prouver aux auditeurs qu’ils avaient un allié sûr et fidèle dans ce belliqueux sauvage. Ils étaient loin de penser que cet homme, jouet de ses passions, était l’auteur du coup qui venait de les frapper si inopinément.

Le soleil avait encore une heure à rester sur l’horizon quand Nick amena ses compagnons vers l’arbre qui traversait le ruisseau. Il s’arrêta, montrant les toits de la Hutte qu’on voyait à travers les arbres, comme s’il voulait dire que son devoir de guide était fini.

— Je vous remercie, Wyandotté, dit Willoughby, et si la volonté de Dieu nous laisse sains et saufs, vous serez bien récompensé pour nous avoir rendu ce service.

— Wyandotté chef, avoir pas besoin de dollars, avoir été Indien coureur, être maintenant guerrier indien. Major suivre, squaw suivre. Mohawks se dépêchent.

Nick sortit lentement de la forêt, suivi de Willoughby dont le bras était toujours passé autour de Maud, à laquelle il ne permettait guère de toucher la terre. En ce moment, quatre ou cinq cors sonnèrent dans la direction des moulins, le long de la lisière occidentale des prairies. Le vent semblait se faire écho à lui-même. Alors l’infernal hurlement connu pour être le cri de guerre des Indiens, s’entendit du côte opposé aux bâtiments. À en juger par le bruit, les prairies devaient être remplies d’assaillants se pressant autour des palissades. Dans cet effrayant moment, Joyce parut sur la galerie du toit, criant d’une voix qu’on aurait pu entendre du point le plus éloigné de la vallée :

— Prenez vos armes, ils arrivent ces misérables ! et ne tirez que lorsqu’ils essaieront de traverser la palissade.

Il y avait en ceci un peu de bravade mêlée avec le courage que les habitudes et la nature avaient donné au sergent. Le vétéran connaissait la faiblesse de sa garnison et croyait que ses cris belliqueux pourraient contre-balancer les hurlements qui s’élevaient de tous côtés.

Nick et le major hâtèrent le pas. Le premier mesura la distance