Page:Cooper - Œuvres complètes, éd Gosselin, tome 27, 1847.djvu/146

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— Eh pien ! ils pensent en Allemagne que plus long le pail, plus c’est afantacheux pour le denancier.

— Voilà une drôle d’idée ! Nous pensons ici, au contraire, qu’un bail est une mauvaise chose, et le moins vous avez d’une mauvaise chose, mieux ça vaut.

— Eh bien ! c’est trôle, si trôle que che comprends pas. Que fera-t-on pour empêcher ça ?

— Oh ! c’est l’affaire de la législature. On fera passer une loi pour défendre qu’on fasse aucun bail.

— Et le beuple souffrira-t-il cela ? Tout le monde dit que ceci est un bays libre, et les hommes consentiront-ils à ne pas louer des terres, s’ils en ont pesoin ?

— Oh ! mais voyez-vous, nous voulons seulement enlever aux propriétaires leurs baux actuels ; et plus tard lorsque ce sera fait, la loi peut refaire tout ça.

— Mais cela est-il pien ? La loi defrait être chuste, et ne pas défaire pour refaire.

— Vous ne me comprenez pas, je vois. Je vais m’expliquer plus clairement. Ces Littlepage ont eu cette terre assez longtemps, et il est temps d’ouvrir des chances aux pauvres gens. Le jeune Monsieur qui prétend être le propriétaire de toutes les fermes ici autour, n’a jamais rien fait pour les acquérir excepté d’être le fils de son père. Or, dans mon idée, un homme devrait faire quelque chose, et ne pas devoir sa propriété à un simple hasard. Ceci est un pays libre, et quel droit un homme a-t-il plus qu’un autre à la terre ?

— Ou à sa chemise, ou à son tabac, ou à son hapit, ou à autre jose ?

— Eh bien, je ne vais pas si loin que ça. Un homme a droit à ses habits et peut-être à un cheval et à une vache, mais non pas à toutes les terres de la création. La loi donne droit à une vache en cas de saisie.

— Et la loi ne donne-t-elle pas droit à la terre aussi ? Alors si fous réussissez, fous ne poufez pas compter sur la loi.

— Nous tâchons d’avoir de notre côté autant de la loi que nous pouvons. Les AméricainS aiment la loi. Vous pouvez lire dans tous les livres, je veux dire dans nos livres qui sont imprimés ici, que l’Américain est le peuple le plus loyal de la terre, et qu’il fera pour la loi plus que tout autre.