Page:Cooper - Œuvres complètes, éd Gosselin, tome 27, 1847.djvu/46

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fiante dont parlait Hughes, à les annuler, excepté à des conditions qui leur conviendront, quel est donc, dit mon oncle, le but des représentants en votant cette loi ?

— Aucun autre que d’être appelés les amis du peuple et non les amis des propriétaires. Aucun homme taxerait-il ses amis, s’il pouvait l’éviter ?

— Mais que gagnera, par cette mesure, cette portion du peuple qui forme les anti-rentistes ?

— Rien ; et les plaintes des anti-rentistes seront aussi vives et leurs désirs aussi actifs qu’auparavant. Rien de ce qu’ils convoitent ne peut s’accomplir par aucune mesure légale. Il y a une commission de l’assemblée qui a déclaré, vous devez vous en souvenir, que l’État pouvait prendre les terres et les vendre aux tenanciers ou à tous autres ou quelque chose de la sorte.

— La Constitution des États-Unis doit être notre égide.

— Elle seule peut vous protéger, soyez-en convaincus. Sans les sages prévoyances de la Constitution du gouvernement fédéral, la propriété de Hughes se vendrait infailliblement à la moitié de sa valeur. Il est inutile de pallier les choses et d’affecter de croire les hommes meilleurs qu’ils ne sont. En toute affaire, dans ce pays, un sentiment infernal d’égoïsme est tant invoqué, tant proclamé, qu’un homme se rend presque ridicule en paraissant dirigé par un principe de morale.

— Savez-vous ce que veulent en particulier les tenanciers de Ravensnest ?

— Ils veulent avoir les terres de Hughes ; rien de plus, je vous assure.

— À quelles conditions ? demandai-je.

— À des conditions qui s’accordent avec des bourses légères. Quelques-uns, cependant, sont volontiers disposés à donner un prix raisonnable.

— Mais je n’ai aucune envie de vendre, même à un prix raisonnable. Je ne désire pas me défaire d’une propriété qui est associée à tous mes sentiments de famille. J’ai sur mon domaine une maison et un établissement dispendieux, dont le principal avantage est d’être situé de manière à ce que je puisse surveiller mes intérêts avec le plus d’avantage pour moi. Que pourrais-je faire avec le prix de vente ? acheter une autre propriété ? je préfère celle que j’occupe.