Page:Corneille, Pierre - Œuvres, Marty-Laveaux, 1862, tome 3.djvu/149

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ACTE II, SCÈNE V. 137


L’Infante.

Rodrigue est offensé ; le Comte a fait l’outrage ;
Ils sont sortis ensemble : en faut-il davantage ?



Léonor.

Eh bien ! ils se battront, puisque vous le voulez,
Mais Rodrigue ira-t-il si loin que vous allez ?


L’Infante.

Que veux-tu ? je suis folle, et mon esprit s’égare :
Tu vois par là quels maux cet amour me prépare.
Viens dans mon cabinet consoler mes ennuis,
Et ne me quitte point dans le trouble où je suis.

SCÈNE VI.

Don Fernand, don Arias, don Sanche.



Don Fernand.

Le Comte est donc si vain et si peu raisonnable !
Ose-t-il croire encor son crime pardonnable ?


Don Arias.

Je l’ai de votre part longtemps entretenu ;
J’ai fait mon pouvoir, Sire, et n’ai rien obtenu.


Don Fernand.

Justes cieux ! ainsi donc un sujet téméraire
A si peu de respect et de soin de me plaire !
Il offense don Diègue, et méprise son roi !
Au milieu de ma cour il me donne la loi !
Qu’il soit brave guerrier, qu’il soit grand capitaine,

 1. Var. Je veux que ce combat demeure pour certain,
Votre esprit va-t-il point bien vite pour sa main ? (1637-56)
2. Var. Mais c’est le moindre mal que l’amour me prépare. (1637-56))

3. Var. LE ROI, DON ARIAS, DON SANCHE, DON ALONSE. (1637-56) - LE ROI, DON ARIAS, DON SANCHE. (1660) — Les éditions de 1637-60 portent partout : LE ROI, au lieu de DON FERNAND.